Spider

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SpiderSpider, un jeune homme interné dans un hopital psychatrique est envoyé dans un foyer de réinsertion, non loin de son quartier d’enfance. C’est l’occasion de revoir son histoire.

Alors qu’on connaissait un Cronenberg plutôt axé fantastique et mondes futuristes organiques, le réalisateur canadien prend tout le monde à contrepied en nous proposant une plongée dans un esprit presqu’aussi dérangé que lui.

Avec un style très lent, ce Spider pourra paraître à de nombreux spectateurs comme un film ennuyeux, voire plus. D’autre, seront pris par cette histoire de petites gens de l’East London et apprécieront ce vrai moment de cinéma qu’est cette remontée dans la mémoire de ce Spider.

Filmé intelligemment, et suivant systématiquement le Spider adulte, l’oeuvre nous convie à assister en spectateur à cette analyse du passé par un esprit torturé. Cette analyse elaborée par un Ralph Fiennes étonnant est faite de faux semblants et de scènes extrêmement crues. Cronenberg s’oppose visuellement de façon assez clair à Lynch même si les thèmes peuvent se ressembler. Alors que Lynch aura tendance à nous plonger dans une esthétique et une signalétique de rêve où les vies se confondent de façon aléatoire et sans point de vue globale ; Cronenberg, lui, nous montre ici un être parfaitement réveillé, mais loin d’être tout à fait sain. La photo très dure et réaliste (tons verdatres…) nous le montre bien… La construction du film également, calqué sur un systême de mémoire qui appuie sur certains détails inopportuns mais qui hésite sur certains points capitaux.

Grâce à une ambiance hors du commun mélant glauque et nostalgie, Cronenberg nous envoûte dans un film dur et finalement passionnant, mais au rythme déconcertant. Ne comptant que sur la réalisation et sur ses acteurs, le réalisateur utilise le minimum de décor et fait tout passer par des marmonages, des insistances ou des non-dits.

En nous proposant son film le moins visuel, Cronenberg signe avec Spider un long métrage intérieur et intelligent, sans artifice. Faisant parfois penser à Memento en moins polar et moins puzzle, cette analyse de l’intérieur se révèle une réussite pour peu qu’on entre dans son monde.

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